Après l’Uberisation, la gig economy est en marche

Nicolas Pheulpin 

Publié le : 4 octobre, 2015
Catégorie : archives

La consommation collaborative a permis l’évolution de l’économie vers un modèle plus collaboratif. Mais est-ce pour le meilleur ou pour le pire ? Décryptage.

Créé en 2009 aux États-Unis, Uber n’a jamais cessé de se développer à travers le monde. Cela ne s’est pas fait sans heurts puisque de nombreuses villes où l’application était proposée ont levé les boucliers pour contrer son arrivée. Pourtant rien n’y fait, et ce même en France. L’interdiction d’Uber PoP qui permettait à de simples particuliers d’être le chauffeur d’un jour sous le prétexte de faire du « co-voiturage » n’a pas porté atteinte au plus gros de la troupe : les chauffeurs de VTC. Mais Uber n’est pas la seule application qui tente de révolutionner notre économie.

 

L’ubérisation de l’économie

Avec le développement des nouvelles technologies et notamment des smartphones il est devenu très simple de se passer du traditionnel taxi pour demander un « Uber ». Cela touche également votre voiture puisqu’il est possible de louer celle-ci à un particulier lorsque vous ne vous en servez pas. Si vous souhaitez partir en week-end vous pouvez faire le choix du covoiturage et laisser de côté l’avion ou le train devenu beaucoup trop cher.

Mais ce phénomène « d’ubérisation » va au-delà du transport et touche aussi d’autres secteurs. Air BnB est également dans ce cas et représente une véritable révolution dans le monde de l’hôtellerie. Avec un nombre impressionnant de chambres ou d’appartements à louer auprès d’habitants tout autour de la planète, Air BnB représente le plus gros hôtel au monde. Du côté de la finance, ce sont les FinTechs qui poussent la lance de l’économie collaborative en proposant des solutions de financement adaptées aux particuliers et aux entreprises pour financer leurs projets.

Une chose est sûre, l’économie d’aujourd’hui met en place les jalons de l’économie collaborative de demain.

 

Les gig workers sont les travailleurs du futur

L’économie collaborative va même plus loin grâce à de nombreuses plateformes capables de mettre en relation de simples particuliers à la recherche d’un service : baby-sitting, bricolage, jardinage … On parle désormais de « gig workers ». Cela fait directement référence à un groupe de musique qui montre sur scène pour faire un « gig ». Ce qui donne en français un concert ou un spectacle.

Du côté de l’économie, on garde ce côté « one shot » où le travailleur du futur choisira un travail ou une tâche pour quelque temps, puis en changera rapidement. C’est le monde du travail qui s’adapte au principe de la zappette. Les différentes plateformes en ligne de jobbing comme FrizBiz ou Hello Casa mettent à l’honneur ce type de services. Mais peut-on vivre uniquement de gigs et de petits jobs en tout genre ? Bien sûr que non, en tout cas pour l’instant. En effet il ne faut pas oublier que les artisans et les professionnels sont (pour la plupart) les plus à même de réaliser les plus gros travaux. Pour les plus petits services, la « gig economy » a de beaux jours devant elle.

 

La gig economy est-elle un retour en arrière ?

 

En reprenant la description d’Adam Smith de l’économie au 18ème Siècle, on retrouve une similitude avec l’économie collaborative que nous connaissons aujourd’hui. Les individus procédaient à des échanges entre eux de produits ou de services. Il a fallu attendre la révolution industrielle et les procédés de production en masse pour voir une évolution.

Reprenons l’exemple d’Uber qui a permis la création de plus de 10.000 emplois en France, qui sont pour beaucoup occupés par des jeunes de moins de 30 ans. Si le salaire n’est pas forcement à la hauteur des 50 voire 60 heures de travail hebdomadaire, quel intérêt ? Sans doute celui de la liberté comme le confiait récemment G. Brion au journal Le Monde dans un article sur Uber et les chance pour l’emploi des jeunes. Uber représente la liberté de travailler lorsque l’on peut et redonne une certaine liberté prise par le système industriel dans une logique de rentabilité. Derrière cela on retrouve directement la célèbre « division scientifique du travail » et le Fordisme.

Serions nous donc ne train d’assister à la prochaine révolution économique de notre mode de travail ? En tout cas je pense que c’est le cas et il faudra s’y préparer. Les entreprises qui n’auront pas pris en compte ce virage risquent de prendre un retard considérable pour leur futur développement.

Nicolas Pheulpin, 04/10/2015

Nicolas Pheulpin

J’accompagne les entreprises dans la mise en place de stratégies efficaces
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